Interview de l’explorateur belge Bert Poffé

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 Cet interview est aussi disponible en anglais


 

est un aventurier, explorateur belge. Il porte un intérêt tout particulier aux peuples aborigènes du nord du et d’une façon générale aux peuples nomades.  C’est ce qui l’a conduit à parcourir ces régions froides du nord des Etats-Unis mais aussi d’autres territoires comme le Groenland, la Mongolie ou encore le désert de l’Atacama.

Bert a accepté avec une grande sympathie de répondre à quelques questions

Un Monde d’Aventures : Bonjour Bert, tu es belge, néerlandophone et anglophone aussi. J’ai cru comprendre qu’à la maison, avec ta femme et tes enfants, tu parlais espagnol. Cela ne te gêne pas qu’on fasse l’interview en français ?

Non, non, pas du tout ! Etant Belge, on parle plusieurs langues, alors, pas de problème. Je ne suis pas anglophone, mais dans ce monde tellement globalisé, il est vrai que je communique beaucoup en anglais. Comme ma femme est madrilène, entre nous deux et avec les enfants, nous parlons l’espagnol.


MDA : Peux-tu te présenter rapidement ?

BP : J’ai 42 ans. Mes premiers pas dans le monde de l’exploration ont été dansla Valléedela Semois, concrètement à Bohan, où j’ai passé pas mal de vacances d’été pendant mon enfance.

Je suis sûr que c’est là où le virus de l’exploration a été planté dans mon corps.

A part ça, j’ai toujours été passionné par les peuples nomades, particulièrement les Amérindiens et les .

Après mes études, j’ai commencé à travailler comme cabin crew member et plus tard comme chef de cabine, à la Sabena. Là, j’ai eu la chance de connaître l’explorateur belge renommé .

En ces temps-là, aussi grâce à la Sabena, j’ai découvert le (je me souviens )

J’ai eu la chance de connaître quelques Amérindiens québécois et j’ai commencé à organiser des aventures et expéditions, d’abord au , après dans les autres coins du monde.

Entre 2 expéditions, ma famille et moi, nous essayons de passer le plus temps possible dans la nature et nous faisons un grand effort de ne pas ‘oublier’ ce que nous avons appris des peuples proches de la nature, dans ce monde moderne parfois très pressé dans lequel nous vivons.

Etant aussi responsable de la communication de GoodPlanet.be, j’ai eu la chance de connaître et de travailler avec le photographe et réalisateur français qui est le moteur et l’inspiration du fonds.

MDA : Peux-tu nous parler de ta dernière expédition en au Groenland en 2010 ?

BP : Cet été, nous avons eu la chance de visiter pour la première fois le Groenland.

Nous avons atterri à Narsuasaq, un très petit village au sud du Groenland. Pour plusieurs raisons, nous avons fait moins de que prévu et plus de trekking. Pour moi, il était très émouvant de m’y trouver, c’était in autre de mes rêves de réalisé. C’était un superbe premier contact avec le territoire inuit.

Je veux y retourner le plus rapidement possible, mais probablement plus haut dans le nord.

MDA : J’ai lu que tu avais rejoint l’. En quoi cela consiste-t-il ?

BP :  cherche à promouvoir et encourager les explorateurs et aventuriers en les aidant à se connecter avec les sponsors, avec des publics, dont les écoles, et bien sûr avec le monde de l’entreprise par le biais du Bureau des Explorateurs du monde ».

EF et ses explorateurs conduiront des recherches et des expéditions dans des régions peu connues du monde où ils se concentreront sur l’aventure basée sur l’apprentissage.

Je suis très content d’avoir eu la chance de connaître le fondateur de cette fondation, Tim Lavery. C’est un passionné de l’aventure qui comprend parfaitement ce qu’un explorateur cherche dans ses expéditions.

Il est aussi au courant des obstacles de l’organisation d’une expédition. Je le vois un peu comme un coach, quelqu’un que tu peux appeler à deux heures du matin avec une idée pour une prochaine expédition. Chaque aventure commence par l’expédition la plus difficile : réussir à organiser le prochain projet.

  

MDA : J’ai lu aussi qu’en 2012 tu allais prendre part à une expédition avec l’. Peux-tu nous en dire plus ?

BP : Non pas encore. Tu verras que les aventuriers travaillent discrètement sur un nouveau projet et qu’ils l’annoncent quand il est (presque) sûr.

MDA : Quels sont tes critères dans le choix de tes aventures ? Tu es plutôt désert ou glace ? Solo ou groupe ? Nord ou Sud ?

BP : Il n’y a pas trop de critères. Si c’est à pied, en , , bateau non motorisé, traîneau et chiens, cheval, avec des animaux de bat, je suis ouvert à tout.

Ce que je trouve aussi très important, c’est le contact avec les peuples/nomades du territoire où je voyage. J’essaie d’apprendre le maximum d’eux.

Ce que je n’ai pas envie, c’est de devenir un “spécialiste” dans un seul domaine. Je veux me surprendre moi-même avec mon choix. Un jour, après avoir lu sur le sujet dans un magazine espagnol, j’ai décidé de participer à un des ultra-marathons les plus durs au monde. D’ailleurs, je n’avais pas encore couru, même pas un marathon, mais je pensais que ce serait une bonne manière, certes un peu violente, mais quand même très enrichissante, de comprendre les difficultés des peuples qui vivent dans le désert.

Je cherche des territoires solitaires, mais pas du tout la solitude. J’adore le sentiment ‘tribal’.

Tout ça pour te dire qu’il n’y a pas trop de structure, ni dans le planning ni dans les choix. Je fais pas mal confiance au hasard.

 

MDA : L’expé dont tu garderas le meilleur souvenir ?

BP : Cette question-ci est celle que je déteste, simplement parce que je ne sais pas choisir !!

Si je dois, peut-être l’Algonquin Crossing 2006 dans le Parc Algonquin en Ontario en avec ma femme et mon ami de cœur, Roy Perritt. C’était vraiment le début de ma ‘carrière’ en tant qu’explorateur.

MDA : Le moment le plus difficile que tu as du gérer en expé ?

BP : J’en ai eu quelques uns. Mais je n’oublierai jamais le moment juste avant mon départ dans le ultra ATACAMA CROSSING 2010, parmi 149 athlètes extrêmement bien préparés et expérimentés dans le monde ultra, où je me disais “et maintenant quoi ?” Je l’ai terminé quand même, – en entier

 

MDA : Un conseil à celui qui souhaiterait se lancer dans l’aventure ?

BP : D’abord, il faut se lancer, cesser de rêver sans rien faire.

Ensuite, pas aller chercher directement le plus loin, le plus difficile, le plus exotique. Il y a tellement à découvrir tout près!

Ne pas perdre de vue la richesse de la nature toute proche.

Pour terminer, ne jamais faire ou ne pas faire une expédition parce qu’elle est perçue comme cool ou pas cool !

  

MDA : Peux-tu nous parler de ta structure INUKSUK que tu gères avec Kiki NARDIZ-CHACON ?

BP : Un inuksuk est un empilement de pierres construit par les peuples inuit et yupik dans les régions arctiques d’Amérique du Nord, depuis l’Alaska jusqu’au Groenland, en passant par l’Arctique canadien.

Inuksuk est un terme inuktitut composé des morphèmes inuk (être humain) et -suk (substitut, agissant à la place de), signifiant « ce qui a la capacité d’agir comme un être humain »

L’inuksuk a été utilisé par les pour montrer aux gens le chemin, afin de ne pas choisir la mauvaise direction ou prendre la mauvaise décision. Les inuksuit (pluriel de Inuksuk) mettent également en garde les gens du danger à venir, comme un signe commémoratif ou comme un outil utile à la chasse au caribou.

L’Inuksuk est synonyme de la puissance des , le leadership et la motivation.

Pour nous, INUKSUK est d’abord un mode de vie, le plus proche possible de la nature. Kiki est la shaman de notre famille. Elle a une passion énorme pour les plantes médicinales et pour sa quête d’un mode de vie plus naturel.

C’est aussi le nom de notre entreprise.

INUKSUK.be est le site internet à travers lequel nous aimons partager nos aventures, expéditions et expériences.

MDA : Merci Bert pour cet échange et de nous avoir fait partager ta passion et ton engagement. Nous suivrons de près ton actualité et tes prochaines aventures. N’hésite pas à nous tenir au courant.

Vous pouvez rejoindre Bert :

– sur Facebook : https://www.facebook.com/Bert.Poffe

– sur le site web d’Inuksuk : http://www.inuksuk.be/

– sur le site de l’ : http://explorefoundation.org/world-explorers/bert-poffe.html

 

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Fondateur du site Un Monde d'Aventures, je suis un passionné des grands espaces sauvages et des mondes polaires. J'ai réalisé plusieurs raids autonomes au Groenland et en Laponie. J'aime partager ma passion à travers ce site. Voir tous les articles écrits par François - En savoir plus sur François
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