Les lectures d’Aurélia #3 : Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson, Prix d’essai Médicis 2011

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768px-Sylvain_Tesson-Nancy_2011_(1)Certains n’ont peut-être pas besoin d’aller au bout du monde pour se rencontrer soi –même…, lui, aventurier qui fascine et voyageur immense, s’était promis avant ses quarante ans de vivre « en ermite au fond des bois ».

Et sur les bords du lac Baïkal, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, il éprouve le vide, le silence, et la solitude…une solitude qui l’amène vers la plus simple lumière… : la sienne…

Au milieu de cette forêt, il s’invente une vie sobre et belle, « resserrée autour de gestes simples », ancrée dans le réel.

Le matin, il lit et écrit.  L’après-midi il part courir les bois à la découverte de son nouvel environnement, et à son retour, pêche, coupe du bois, et s’adonne à quelques verres de vodka.

Dans sa cabane, il connaît l’hiver et le printemps, décrit des paysages de grâce, nous livre ces instants de bonheur et de désespoir, et en pleine conscience, atteint la plénitude du vide et de l’immobilité.

Le récit qu’il rapporte est sublime, tant il maitrise ses mots et martèle les résonances avec patience. Car est avant tout un écrivain de talent, qui partage, au gré de ses aventures et vagabondages, ses réflexions sur les conditions d’existence de l’homme dans notre monde contemporain.

La plume est douce et élégante,  le roman fluide, … essentiel.

« L’immobilité m’a apporté ce que le voyage ne me procurait plus », dit-il. De cette retraite solitaire, au fond de la taïga et loin de tout, il décrit sa « métamorphose » comme un éveil à sa propre vérité…


Alors le temps, et l’espace n’existe plus…

Puisque la liberté… c’est de rien posséder.

Et «  tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu ».

Dans les forêts de Sibérie, , Editions Gallimard 2011. Prix d’essai Médicis 2011. Commander | En savoir plus

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