Découverte du Nunavut au Canada

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Hostile par son climat et son éloignement, le plus jeune territoire du couvre presque toute la zone arctique canadienne et son archipel. La majeure partie du territoire du se trouve au nord du 60e parallèle, à l’exception des îles des baies James, Hudson et Ungava où l’on ne trouve qu’une seule communauté de 744 habitants, Sanikiluaq.

Le décor s’offrant au visiteur en quête d’aventures en est surtout un de neige, de roc et d’eau, sauf peut-être l’été où le sol se découvre. La majeure partie du territoire se trouve en effet au-delà de la limite des arbres, là où s’étend la vaste toundra. Le bouclier canadien gelé en permanence et recouvert d’une fine couche de terre ne permet pas aux racines de s’implanter en profondeur dans le sol, limitant la végétation à quelques arbustes, mousses, baies, lichens et autres plantes arctiques. Sur les îles orientales de Devon, Ellesmere et Baffin, on retrouve des glaciers là où l’altitude est la plus élevée, sur la Cordillère Arctique. On pourrait croire un tel paysage post-apocalyptique désolant, mais la vérité est qu’il confère au relief et au ciel leur  aspect dramatique, leur immensité. Ça, c’est sans compter sur l’effet apaisant des aurores boréales sur l’âme humaine, alors qu’elles déplient leurs rideaux dans le firmament, lors de la longue nuit hivernale où les températures descendent sous les -50°C. L’été, c’est la lumière qui prend le relais et réchauffe doucement l’air jusqu’à 15°C, sans jamais toutefois dégeler le sol.

Les humbles gardiens de ces terres sauvages, ce sont les inuit, peuple autochtone dont le quotidien et la culture sont façonnés par la nécessité de survivre dans ces conditions extrêmes. Anciennement nomades, les inventeurs du qayaq se sont néanmoins sédentarisés sous la pression des gestionnaires du sud et de la vague de progrès qu’ils leurs ont imposé. Les quelques trente mille habitants du sont maintenant regroupés en vingt-cinq communautés, souvent appelées hameaux, dont les plus importantes sont la capitale Iqaluit (plus de 6000 habitants), Rankin Inlet et Arviat (un peu plus de 2000 habitants respectivement). 85 % des Nunavummiut sont inuit. Dans la capitale, ils sont néanmoins quasi-minoritaires, submergés par une horde de travailleurs blancs, pour la plupart temporaires, alléchés par les hauts salaires nordiques et bien souvent peu intéressés par la réalité aborigène. Le résultat en est une ville hybride, vibrante et transitoire où les cultures se côtoient en toute solitude, comme les trois soleils au-dessus de la baie de Frobisher.

Pour les touristes de l’aventure, il est utile de souligner quelques particularités nunavoises. Tout d’abord, les dangers liés au milieu ne devraient jamais être sous-estimés. Les conditions climatiques peuvent changer rapidement et descendre sous le point de congélation en été.
Encore pire, l’hiver, le blizzard peut se lever en quelques minutes et freiner ou même empêcher le retour vers la communauté de départ. Bivouaquer ne s’improvise pas car le combustible est rare, la nourriture difficile à obtenir et le vent impitoyable. Les températures extrêmes peuvent causer l’hypothermie en quelques minutes si l’équipement n’est pas adéquat. Enfin, la rencontre d’animaux sauvages peut s’avérer tristement mémorable, particulièrement celle des ours polaires et des boeufs musqués.

À l’exception de quelques communautés couvertes par le réseau sans fil, le téléphone satellite et/ou la radio HF sont essentiels pour qui s’aventure un tant soi peu sur la toundra, le “land” comme on dit ici. Les points de repère sont épars et les collines se ressemblent toutes, ce qui rend l’orientation difficile. Les opération de recherche et de sauvetage sont extrêmement coûteuses et ardues, lorsqu’elles ne sont pas carrément impossibles à cause des conditions climatiques ou de l’indisponibilité des appareils de recherche aérienne postés au sud.

Le passage sur les glaces en région côtière demande une connaissance intime du milieu, notamment à cause des marées qui sont parmi les plus hautes du monde, mais aussi en raison des faiblesses de la banquise en certains endroits. Les expéditions sur les glaciers ne s’improvisent pas non plus : il y a les crevasses, les longues pentes, les rafales qui rappellent la furie des tempêtes du désert et changent le paysage radicalement en quelques heures seulement.

Pour survivre dans un environnement aussi hostile, les inuit ont développé des vêtements, des abris et des techniques de chasse appropriés, mais surtout une grande humilité face aux éléments. La sagesse (isuma) des anciens n’est pas caduque, et leurs conseils sont toujours valides et prisés. Ils disent qu’il vaut mieux être patient et attendre que les temps soient favorables avant de se déplacer sur le land et qu’il ne faut jamais se perdre de vue. Au printemps et en été, il faut se protéger de la lumière éblouissante du soleil réfléchie sur la surface enneigée. Ils ont donc conçu des “lunettes de soleil” à partir de bois de caribou dans lesquels une mince fente est taillée, bloquant le trop plein de rayons aveuglants. Les guides vous rappelleront qu’il faut éviter de s’agiter et de suer, car on aura froid beaucoup plus vite, et qu’il est toujours utile d’avoir des vêtements de rechange secs avec soi. Les vêtements sont plus efficaces lorsque portés en couches successives, et les fourrures de caribou et de phoque ont d’excellentes propriétés thermiques. Les personnes ayant beaucoup d’expérience sur le land sont admirées des inuit qui portent une grande attention aux mots, à la parole qu’ils partagent. C’est ainsi que le savoir de la survie se transmet, dans la tradition orale, de génération en génération.

De nos jours, la sécurité prend une toute autre couleur, bien souvent le rouge ou l’orange, lesquels sont plus facilement repérables sur la banquise ou sur la neige. La présence d’une motoneige peut aussi aider à retrouver les personnes égarées, auxquelles on recommande d’éviter autant que possible de se déplacer et d’attendre patiemment les secours. Les chasseurs se munissent généralement d’un SPOT – équipement de positionnement satellite et GPS, lequel peut être emprunté auprès des associations de chasseurs et trappeurs (Hunter’s & Trapper’s Organization – HTO) et du Bureau des ressources renouvelables. Comme quoi le savoir traditionnel n’exclut pas la technologie…

Se rendre au

Aucune route ne mène au – il faut se déplacer d’une communauté à l’autre en avion ou suivre le chemin que prennent les marchandises non-périssables et prendre le large. Trois mois par an, les eaux libres de glace permettent aux cargos, aux bateaux de recherche et de croisière et aux rares voiliers qui s’y risquent de passer librement de la côte est vers l’arctique. Le passage du Nord-Ouest, route maritime mythique et aventurière, s’ouvre à présent quelques semaines par an, gracieuseté des changements climatiques dont nous sommes les témoins. Ce ne sont toutefois pas tous les bateaux qui peuvent endurer le choc des morceaux de glace détachés de la banquise, et l’ouverture des eaux n’est pas régulière d’une année à l’autre.

Compagnies aériennes présentes sur le territoire

Canadian North au départ d’Ottawa et Yellowknife
First Air au départ de Montréal, Ottawa, Winnipeg et Yellowknife
Air Canada permet de joindre Iqaluit depuis Ottawa
Air Inuit couvre tout le Nunavik, mais permet également de joindre Sanikiluaq depuis Montréal

Prévoir entre 1400-1700 $ pour un billet aller-retour Montréal-Iqaluit.
Notez que les plus petites communautés n’ont des vols que deux ou trois fois par semaine et il n’est pas rare de se voir cloué au sol pour un jour ou deux à cause de vents violents ou d’un blizzard.

Opérateurs de croisières faisant escale au

Quark Expeditions
Cruise North
Adventure Canada
Great Canadian Travel Company
Adventure Life

Autres ressources utiles

Avant de s’aventurer dans la toundra, il est conseillé de s’enregistrer auprès du centre des visiteurs ou du bureau de police local afin de faciliter, le cas échéant, les opérations de sauvetage. Notez également que les inuit restreignent l’accès au territoire leur appartenant en vertu de l’Accord sur les revendications territoriales. Avant d’entreprendre un voyage d’aventure ou de recherche, veillez à obtenir les permis de passage nécessaire auprès du Nunavut Tunngavik, l’association chargée de faire valoir les droits des inuit.

Nunavut Parks
Nunavut Tourism
Destination Nunavut

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