Des livres à la découverte du monde

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Après le Trésor des livres de mer paru l’an passé, la libraire et le romancier sont partis à la découverte du monde terrestre et se sont égarés avec délice dans 90 livres rares et essentiels, ornés de planches gravées, d’images aux couleurs étonnantes. De la fin du Moyen Age au début du XXe siècle, cet album égrène les étonnantes aventures de l’exploration terrestre.

Le livre se partage en 6 chapitres :

Afrique : Léon l’Africain offre une description de l Afrique dès le XVIe siècle ; le sieur Etienne de Flacourt au siècle suivant, décrit Madagascar pour la première fois ; un peu plus tard, l explorateur René Caillé est le premier européen à revenir vivant de Tombouctou… Quant à Henry Morton Stanley, il retrouve le missionnaire-voyageur Livingstone…

Amérique : Au commencement du XVIe siècle, dans l’altiplano mexicain, le conquistador Hernan Cortés s empare d’une cité lacustre, la Tenochtitlan des Aztèques, future ville de Mexico. Plus au nord, à la fin du XVIIe siècle, Cavelier de La Salle et Joutel explorent le cours du Mississippi. Au XIXe siècle, le peintre-explorateur Frédérick Catherwood découvre et peint les stupéfiants monuments mayas du Yucatan ; le prince Maximilian de Wied-Neuwied, accompagné du peintre Bodmer, présente d’étonnants portraits indiens…

Pacifique : le « prince des pickpockets », George Barrington, déporté en Australie deviendra, dans ce continent neuf, chef de la police de Paramatta…

Russie : En 1660, le sieur de Beauplan livre une description de l’Ukraine, quand Adam Olearius un siècle plus tard visite la Moscovie et traverse la mer Caspienne pour gagner Ispahan…

Moyen Orient : Au retour de Terre Sainte, au XVe siècle, le religieux allemand Bernhard von Breydenbach donne à imprimer le premier incunable de voyage illustré de somptueuses planches dépliantes, une innovation…

Asie : Au XIIIe siècle, Jean du Plan Carpin fraternise avec les Tartares, le marchand vénitien Marco Polo pénètre en Chine. Francis Garnier en 1873 remonte en pirogue le cours du fleuve Mékong par le Laos jusqu’aux frontières méridionales de la Chine, tandis qu’en 1931-32 les aventuriers de la Croisière Jaune Citroën réalisent l’un de leurs plus spectaculaires raids automobiles aux confins du monde…

Ce grand voyage à travers l’aventure des hommes, à la découverte des continents, est illustré de plus de 600 images, gravures et croquis, en noir et en couleurs, d’ébahissements graphiques face aux couleurs d’étranges animaux, de peuplades natives, d’abris et de plantes extraordinaires, rencontrés lors des voyages de ces grands explorateurs. Des extraits des textes originaux nous donnent aussi à lire comment à l’époque on racontait le monde.

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Revue de presse

Sans les récits des voyageurs en Orient, Shakespeare aurait-il imaginé le Marchand de Venise ou la Tempête ?…
On se souvient des récits de Jean Chardin, le diamantaire des princes, de René Caillié qui découvrit Tombouctou, au péril de sa vie, du missionnaire David Livingstone, perdu dans l’Afrique des Grands Lacs, de l’époustouflant Richard Francis Burton, le premier à entrer à Harar et qui traduisait en passant le Kamasutra et les Mille et une nuits. Mais il en existe bien d’autres, aujourd’hui oubliés. D’où cet ouvrage qui rassemble 90 fragments des plus beaux récits d’exploration composés entre le XVe et le XXe siècle.

(Jean-Pierre Perrin – Libération du 13 décembre 2012 )

Michèle Polak, qui tient la librairie ancienne Marine & Voyages, et le romancier Alain Dugrand ont repris le principe à l’origine du succès du Trésor des livres de mer : présenter sur une double page un livre majeur sur la découverte des confins par les Européens, continent par continent…
Efficace et nostalgique.

(Emmanuel Hecht – L’Express, février 2013 )

Biographie des auteurs

Michèle Polak tient la librairie ancienne « Marine & Voyages », à Paris, crée en 1951 par son père, Jean Polak.
Bibliophile renommée, vantée pour la qualité de ses catalogues, la richesse de ses fonds, Michèle Polak compte dans le monde des marins, des collectionneurs, des amateurs d océans et de grand large. La majorité des livres reproduits dans l ouvrage font partie de son fonds.

Alain Dugrand, romancier, essayiste, fut des membres fondateurs du quotidien Libération. Après avoir vécu au Mexique, où avec Anne Vallaeys il composa la trilogie romanesque Les Barcelonnettes, Alain Dugrand ne cessa de parcourir le monde. Auteur, il est lauréat des prix Roger-Nimier, Louis-Guilloux et Paul-Léautaud. Il préside le jury littéraire Nicolas-Bouvier.

Extrait de l’avant-propos d’Alain Dugrand

Nous avons élaboré cet ouvrage dans un concert de curiosités, lu, relu les pages des livres qui nous semblaient contenir la beauté des récits, les relations des savants voyageurs en quête d’un globe alors inexploré. Ils sont hollandais, russes, bretons, portugais, anglais, vénitiens, ils sont férus de botanique, de théologie, ils sont docteurs en philosophie, confectionneurs d’herbiers, fieffés casse-cou, marchands et hommes d’affaires, négociants de pierres précieuses ou vendeurs de draperies… Mais pourquoi affrontaient-ils l’obscurité des océans soumis aux grains des cieux chahutés ? Goûts de l’aventure, du lucre ? Ce serait faire là preuve de beaucoup de romantisme…

Les monarques, les princes étaient alors les commanditaires de ces voyages aventureux. Enseignés par le récit des croisades à l’Orient, les monarchies du Vieux Monde rêvaient d’un gouvernement des terres inconnues révélées par les récits des pèlerins médiévaux et des condottieres. On partait découvrir les richesses des Indes, de l’Empire perse et de la Chine. Les premières mondialisations s’ébauchaient. Le savoir-faire technologique, l’art de construire les navires, de guider sa route maritime en lisant dans la voûte céleste, le fruit des inventions arabes allaient servir les ambitions concurrentes des souverains d’Europe.

Grâce à l’imprimerie, la cartographie devait favoriser une soif de conquêtes sans précédent. Les capitaines ambitieux, les équipages pouvaient désormais affronter les brouillards énigmatiques en servant les princes entrepreneurs. Les hommes s’élancèrent dans l’obscurité.
Comment ne pas s’égarer, impatient, dans les pages du voyage en Perse du chevalier Chardin, comment ne pas ressentir sa légère angoisse tandis qu’il se courbe devant le trône du ministre safavide au palais d’Ispahan, capitale de l’Orient ? Comment ne pas esquisser un sourire devant l’orgueil du peintre hollandais Cornelis Le Bruyn grimpant à l’assaut de Khéops afin de graver son nom dans la pierre du faîte de la pyramide ?

Au fil des promenades, nous avons ordonné les livres selon notre goût, des feuillets de l’automne médiéval aux pages de l’aube de la Renaissance. Conquêtes des Amériques, des Afriques, d’Asie aux mers du Sud selon une chronologie hasardeuse, à la rencontre des Nouveaux Mondes. Ainsi Hernán Cortés en même temps «découvreur» et exterminateur des sujets aztèques du royaume de Tenochtitlán (1522), ainsi de l’Angoumoisin André Thevet au XVIe siècle, surpris de l’éducation parfaite des farouches Tupinambas au Brésil… «Pendant le repas, ils se tiennent dans un silence louable, bien plus que nous autres qui jasons à table, d’ordinaire.»

Des temps renaissants aux heures ultimes de l’Ancien Régime avec les Temps modernes, nous avons choisi images et gravures dans les livres, puisque l’ère des explorations aurait été vaine sans l’autre aventure de la Renaissance : l’invention de l’imprimerie.

Les temps neufs commencèrent dans la fureur de 1529, tandis que l’Ottoman Soliman gouvernait l’Afrique du Nord, la Méditerranée et une grande part de l’Europe orientale. De nos jours, ces époques nous paraissent bien paradoxales, mais le royaume de François Ier et l’Angleterre de la dissidence luthérienne envisageaient l’hypothèse d’une alliance politique et militaire avec le pacha de la Sublime Porte afin de contrebalancer les appétits et l’intolérance des Habsbourg. C’était un temps où musulmans, réformés et chrétiens de France partageaient les mêmes aversions : opposition radicale à l’encontre d’un souverain pour les uns, chef des catholiques romains idolâtres pour les autres…

Les magies du Moyen Âge se dissolvaient, mais bien rares ceux qui percevaient les signes avant-coureurs d’un monde nouveau. À l’occident des terres connues, les esprits s’ébrouaient, les strictes observances se délitaient, une autre civilisation émergeait. Dans la plus infime province d’Europe, les gueux entraient en dissidence avec les évêques, les intelligences se prêtaient à des valeurs inédites, tout s’achevait, mais l’être, l’individu, renaissait. Tout semblait en péril, mais tout s’agitait.

À Samarkand, loin en Asie centrale, les enfants de Tamerlan se partageaient l’Orient arabe, l’Inde, la Perse, la Transoxiane et l’Afghanistan. Les chrétiens d’Espagne expulsaient les Arabes civilisateurs, la France était la proie des Anglais, la moitié de son territoire leur appartenait et ils brûlaient la pucelle d’Orléans. Les guerres d’Italie ruinaient principautés et peuples, ce qui n’empêchait nullement un ouragan de liberté, de littérature et d’art de déborder de Florence à la Loire et Paris. Une Renaissance devait surgir du chaos.

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