J’ai décidé de ne plus avoir peur et d’avancer

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“Pour sauver ma peau, j’ai décidé de ne plus avoir peur et d’avancer.”

Enorme coup de cœur pour “WILD” de Cheryl Strayed , un parcours initiatique fort et bouleversant, une randonnée de 1700 km dans l’Ouest américain qui donne envie de sauter dans ses chaussures de randonnée ! Déjà disponible aux éditions Arthaud. Sortira également le 18 septembre en 10/18.

Ce livre avait été sélectionné l’année dernière aux Ecrans de l’Aventure de Dijon, pour le jury Livres

10492261_852074928143750_9138996250356636267_n[1]Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed boucle son sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junkie, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, elle choisit de s’en remettre à la nature et de marcher.

Elle part seule pour une randonnée de mille sept cents kilomètres sur le Chemin des crêtes du Pacifique, un parcours abrupt et sauvage de l’Ouest américain. Au fil de cette longue route, elle va surmonter douleurs et fatigue pour renouer avec elle-même et finalement trouver sa voie.

Franche, dynamique et un brin déjantée, Cheryl Strayed nous entraîne grâce à ce récit humain et bouleversant sur les chemins d’une renaissance.

Née en 1968, Cheryl Strayed a déjà publié un roman, Torch. Écrivain reconnu depuis le succès de Wild, elle vit dans l’Oregon avec son mari et ses deux enfants.

Extrait

Les dix mille choses

Ces trois mois en solo sur le Pacific Crest Trail avaient eu de nombreux points de départ. Il y avait d’abord eu la première fois où je m’étais dit, sans vraiment réfléchir, que je pourrais le faire ; puis la décision plus sérieuse de réellement me lancer ; puis une troisième étape, beaucoup plus longue, où j’avais consacré des semaines à acheter du matériel, remplir mon sac, me préparer. Puis le moment où j’avais démissionné de mon boulot de serveuse, concrétisé mon divorce et vendu presque tout ce que je possédais, avant de dire au revoir à mes amis et d’aller me recueillir une dernière fois sur la tombe de ma mère. Puis le long trajet en voiture depuis Minneapolis jusqu’à Portland, dans l’Oregon, et quelques jours plus tard le vol pour Los Angeles, d’où je m’étais rendue en stop jusqu’à la ville de Mojave, et, de là, jusqu’au croisement entre le PCT et la route nationale.

Ensuite, il y avait eu les premiers pas sur le chemin, très vite suivis de la prise de conscience déprimante de ce que cette randonnée signifiait vraiment, et de la décision de tout arrêter, parce que c’était absurde, inutile et ridiculement difficile, bien plus que je ne l’avais imaginé, et parce qu’au fond je n’étais absolument pas préparée.

Enfin, il y avait eu la vraie vie au jour le jour sur le PCT.

La volonté de rester et de continuer envers et contre tout. Malgré les ours, lès serpents à sonnette et la peur des pumas que je n’apercevrais jamais ; malgré les ampoules, les croûtes, les égratignures et les lacérations. Malgré l’épuisement, la privation, le froid, la chaleur, la monotonie, la douleur, la soif, la faim, la gloire et les fantômes qui me poursuivaient tout au long de ces mille sept cent soixante-dix kilomètres depuis le désert des Mojaves jusqu’à l’État de Washington.

Et puis, une fois que j’aurais terminé, que j’aurais parcouru tous ces kilomètres pendant des jours et des jours, viendrait la révélation : le véritable point de départ n’était pas celui que je croyais. Ma randonnée sur le Pacific Crest Trail n’avait pas commencé lorsque cette idée m’avait traversé l’esprit, mais bien avant que je puisse l’imaginer. Très exactement quatre ans, sept mois et trois jours avant, dans une petite chambre de la clinique Mayo à Rochester, dans le Minnesota ; le jour où j’avais appris que ma mère allait mourir.

J’étais habillée en vert. Pantalon vert, chemise verte, nœud vert dans les cheveux. C’était elle qui m’avait cousu ces vêtements – comme elle le faisait depuis ma plus tendre enfance. Parfois, le résultat était à la hauteur de mes rêves ; parfois non. Je n’étais pas particulièrement emballée par cet ensemble vert, mais je le portais quand même comme une sorte de punition, d’offrande, de talisman.

Ce jour-là, tandis que j’accompagnais ma mère et Eddie, mon beau-père, d’étage en étage dans la clinique pour qu’on la soumette à une batterie d’examens, je ressassais une prière dans mon esprit – bien que «prière» ne soit pas vraiment le mot adapté pour cette incantation. Je ne me mettais pas à genoux devant Dieu. Je ne croyais pas en Dieu. Ma prière ne disait pas : «S’il vous plaît, Seigneur, ayez pitié de nous.»

Biographie de l’auteur

Née en 1968, Cheryl Strayed a déjà publié un roman, Torch (2006) et est l’auteur d’articlesdans de nombreux journaux (New York Times Magazine, Washington Post Magazine, Allure,Self, Missouri Review, Brain, Child, Rumpus, Sun). Elle vit aujourd’hui à Portland, dansl’Oregon, avec son mari et leurs deux enfants.

INDISCRÉTION

D’ici peu (en 2015), vous pourrez en voir une adaptation au cinéma …. avec Reese Witherspoon ! Lire notre article sur la sortie du film

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Fondateur du site Un Monde d'Aventures, je suis un passionné des grands espaces sauvages et des mondes polaires. J'ai réalisé plusieurs raids autonomes au Groenland et en Laponie. J'aime partager ma passion à travers ce site. Voir tous les articles écrits par François - En savoir plus sur François

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