Film de mon aventure nordique “La traversée des Alpes de Laponie en pulka”

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Une fois n’est pas coutume, c’est de moi dont je vais parler dans cet article. En effet, quelques 17 mois plus tard, j’ai enfin fini le montage du film de mon aventure nordique en , que je vous présente ici. J’ai appelé ce voyage “La traversée des Alpes de en “. En voici un résumé en 20 mn. N’hésitez pas à le partager si ça vous a plu !

L’objectif de ce voyage était de parcourir sur plus de 100 km, seul et en autonomie, une partie de la , une région qui m’est totalement inconnue, en utilisant des skis de randonnée nordique et une .

Description

Mon trajet a suivi une piste nommée la « Kungsleden » qui signifie « voie royale » en suédois. C’est l’un des itinéraires les plus anciens et les plus sauvages d’Europe. Son tracé remonte à la fin du XIXe siècle. Il a été créé à l’initiative du Svenska Turistföreningen (STF), homologue suédois du Club alpin français, dans le but de rendre accessibles les endroits les plus reculés de la .

L’itinéraire de la Kungsleden passe dans des régions où la densité humaine est parfois bien en dessous de l’habitant au km², ce qui est propice à la rencontre de nombreux animaux sauvages.

Pour réaliser cette traversée, j’ai utilisé des skis de randonnée nordique. C’est le mode de déplacement ancestral des lapons. C’est un moyen de progression idéal pour découvrir ce type de territoire. Le ski de randonnée nordique est un mode de déplacement doux qui permet de découvrir et de faire sa trace tout en respectant l’environnement.

Mon matériel était situé dans une , sorte de traineau d’origine norvégienne que je tractai. Jadis, on utilisait des rennes tractant des traîneaux en bois pour transporter des marchandises. Depuis, la est devenue le traîneau traditionnel utilisé lors des expéditions polaires.

   

Sur la quasi-totalité de la Kungsleden, la couverture GSM est inexistante. J’avais à ma disposition une balise SPOT qui me permettait d’envoyer régulièrement ma position GPS ou de faire un appel à l’aide si j’en avais eu besoin.

   

Au niveau de l’orientation, j’ai utilisé un GPS. Son utilisation est primordiale pour se diriger dans le blizzard. En cas de problème avec le GPS, j’avais en réserve une carte et une boussole.

Au niveau du climat, en , l’hiver dure d’octobre à avril. Pendant cette période, le temps change très vite, jusqu’à plusieurs fois par jour. Les températures sont en moyenne de -10°C. Le pire reste le blizzard dans lequel il est impossible de progresser à cause d’une visibilité proche de zéro. Les températures peuvent alors descendre jusqu’à -20°C. Les parties découvertes du corps (visage et mains) s’engourdissent en moins d’une minute.

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Mon parcours s’est fait  à travers les plus hautes montagnes de la Suède, avec beaucoup de dénivelées, en passant par plusieurs cols et en traversant de vastes vallées. La progression en tractant la s’est avérée difficile et épuisante en fonction du terrain : montée, dévers, nivologie (qualité de la neige)

J’ai utilisé des peaux de phoque synthétiques sous les skis de randonnée nordique sur à peu près la moitié du parcours. Elles permettaient une bonne accroche du ski sur la neige en montée et ne pénalisaient presque pas la progression sur terrain plat.

J’ai opté pour le bivouac hivernal, c’est-à-dire le repas et la nuit sous la tente. Cela demande des techniques spéciales (fonte de la neige pour l’eau de cuisson, réalisation d’ancre à neige pour amarrer la tente, etc …) qu’il faut bien maitriser.

   

L’originalité de cette aventure a résidé dans le fait que j’ai parcouru seul et en autonomie (nourriture, tente, popote, vêtements, etc …). un itinéraire sauvage dans une ambiance polaire.

Motivations

L’origine de ce raid provient de l’envie d’associer mon plaisir de la randonnée à ma passion du ski. Le ski de randonnée s’est naturellement imposé. J’ai d’abord choisi un raid qui suit un tracé existant avant de me lancer peut-être plus tard dans des raids plus engagés dans des régions polaires plus reculées (Spitzberg, Groenland, Alaska, Islande, Terre de Baffin, Sibérie)

Le choix de ces régions réside dans le fait que j’aime les grands espaces sauvages et leur intensité. D’une façon générale j’aime me retrouver dans la nature à l’état pur. C’est dans ces lieux là que je ressens de grands moments de liberté.

Ce raid fut pour moi l’occasion de passer le mythique Cercle Polaire, de me retrouver face à une nature plus ou moins hostile et de vérifier mon aptitude à y faire face.

J’aime également les phases de préparation de ce genre d’expédition. Ce sont des étapes très importantes, qui sont primordiales pour la bonne réussite du projet. Ce fut pour moi l’occasion d’apprendre de nouvelles techniques et de faire connaissances avec de nouvelles personnes qui partagent la même passion. Ces moments permettent de s’approprier progressivement le projet et de commencer à s’évader.

Entrainement

Mon entrainement a consisté tout en long de l’année à réaliser des randonnées sportives à la journée et à faire du cardio-training (course à pieds).

Début février 2011, j’ai réalisé en France dans le Vercors, un stage d’entrainement aux raids polaires. Cela m’a permis d’apprendre les techniques indispensables pour réaliser ce genre de raid.

Fin février 2011, j’ai fait une découverte du Vercors par les hauts plateaux (GTV) en solo et autonomie (mise en condition identique et test du matériel)

Itinéraire

  • Jour 1 : Abisko – Abiskojaure (15 km)
  • Jour 2 : Abiskojaure – Alesjaure (20 km)
  • Jour 3 : Alesjaure – Sälka (25 km)
  • Jour 4 : Sälka – Singi – Kebnekaise (26 km)
  • Jour 5/6/7 : Kebnekaise Fjallstation + alentours
  • Jour 8 : Kebnekaise – Nikkaluokta (19 km)

Je n’ai pas recherché l’exploit sportif. J’ai donc fait des étapes de 20 à 25 km en moyenne. Néanmoins, entre une neige portante avec beau temps et une neige profonde dans le blizzard, les mêmes distances paraissent doubles.

Album photos

Teaser vidéo No 1

Teaser vidéo No 2

Remerciements

Ce raid n’aurait pas été possible sans l’aide de nombreuses personnes. Ils m’ont conseillé, orienté, encouragé. Certains m’ont même donné du matériel :

Cameron Smith, Douglas Chandler Stoup, Louis-Philippe Loncke, Michel Clar, Régis Cahn, Grégory Rohart, Vincent Gaudin, Volodia Petropavlovsky, Laurent Sénéchal, Christophe Dupuis, Gilles Reboisson, Ludovic Cella, Céline et Fred Lacombe, François Mattart, Mikael Strandberg, Marc et Sylvain Bourgeois, Caroline Letrange, Pierre-Charles Houot, Tonio Nicolazzi …. Ma petite femme chérie bien sûr et mes 2 filles qui ont supporté cette agitation pendant plusieurs mois. Et tous ceux que j’oublie en espérant qu’ils ne m’en veulent pas.

C’est dans cet esprit d’échange et de partage que je souhaite aborder la préparation de mes prochaines aventures.

J’ai sollicité des marques qui ont accepté de m’accompagner en me donnant ou en m’accordant des réductions sur du matériel. Je me dois de les citer.

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Fondateur du site Un Monde d'Aventures, je suis un passionné des grands espaces sauvages et des mondes polaires. J'ai réalisé plusieurs raids autonomes au Groenland et en Laponie. J'aime partager ma passion à travers ce site. Voir tous les articles écrits par François - En savoir plus sur François

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