Emile de Wogan (1817-1888), un aventurier français celte au milieu du 19ème siècle

Cet article vous a plu ? Pensez à nous le dire et à le partager !

Un article proposé par Javier Dekeroual

*****

Le petit Emile, de famille militaire (ancêtre irlandais, sous-officier dans le régiment royal Dillon, irlandais passé au service de Louis XIV en 1690) , est né en 1817 dans cette bonne ville fortifiée de Dinan, remplie de casernes et dont les tours de la vieille ville serve encore à l’époque de gibet. Toute sa jeunesse, il a recherché l’aventure et ses romans retranscrivent la liberté de ses voyages à travers le monde.

Par tradition familiale, il s’engage dans l’armée dès ses vingt ans et se retrouve dans les troupes coloniales en Algérie. Devenu officier Spahi, il participe en 1843 à la prise de la smala d’Abd El Kader par le duc d’Aumale. Cette grande bataille marque la défaite de la résistance algérienne et le début de la colonisation.

De retour en France, il s’engage dans la Garde Nationale pendant la révolution de 1848 et se marie. Sa femme enceinte de leur unique enfant (Tanneguy), il décide de chercher fortune aux Amériques et s’embarque en 1850 avec 3 associés.

L’équipe a conçu une machine étonnante censée accélérée la découverte de l’or dans le terreau aurifère. Après avoir traversés l’Atlantique en bateau et le Panama à cheval, ils retrouvent la voie maritime pour arriver enfin à San Francisco. La ruée vers l’or et sa désillusion est bien décrite dans cet article de la revue Le Tour du Monde

En 1852, Emile de Wogan rembarque pour l’Europe via le Pacifique. C’est alors une longue suite d’aventures maritimes de Bornéo à la Malaisie, et de Singapour au comptoir français de Pondicherry. Ses romans retracent ses multiples avanies à bord de bateaux battant pavillons anglais ou hollandais.

Emile de Wogan prisonnier des indiens (Le Tour du monde). Source : Wikipedia

De retour en 1853, il devient directeur du télégraphe de Saint-Sever dans le sud-ouest et commence à rédiger ses romans d’aventures. Son personnage d’apache Winnetou sera repris en Allemagne par le romancier à succès Karl May, qui en fait sa fortune. Des films de western des années 60 rendront ce personnage universel mais peu de cinéphiles en connaissent l’origine française. Ironie de l’histoire, c’est un acteur breton, Pierre Brice, qui l’incarne à l’écran…

La boucle est bouclée, hisse et ho, ses romans sont encore réédités aujourd’hui pour la plus grande joie des petits et grands. La petite ville littéraire de Bécherel où sa famille résida, devrait lui rendre hommage pour le bicentenaire de sa naissance en 2017 car ses ouvrages font la joie de ses libraires et bibliophiles passionnés.

  • Voyages et Aventures du baron de Wogan, éditions Lambert, 1878
  • Du Far-West à Borneo, éditions Didier,1873
  • Le Pirate malais, éditions Didier, 1874
  • Six mois dans le Far-West, 1875
  • Dolorita. Une tombe dans les forêts vierges, 1877

Cet article vous a plu ? Pensez à nous le dire et à le partager !

Commentaires

commentaires