Rencontre avec Nadège, la globe-flotteuse

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NDUn Monde d’Aventures : Bonjour Nadège, d’où te vient cette passion pour la voile et la vie en mer ?

Nadège : J’ai fait mes premiers pas (ou plutôt « dodos ») sur un bateau à l’âge de deux ans. Je faisais alors ma sieste dans le caisson à voile à la proue du vaurien de mes parents. En grandissant, j’ai eu un parcours classique en école de voile avec des stages en optimist, caravelle, 420, 470 et laser. Adolescente, j’ai découvert la planche à voile (qui pesait alors des tonnes !) et le jet d’un copain avec qui je faisais des régates. Un peu plus tard, j’ai tiré mes premiers bords en catamaran léger. Puis, mon père a eu la bonne idée d’acheter un quillard : un sangria. J’ai alors navigué un peu plus loin.

MDA : Quelle est ton expérience en matière de navigation au long cours ?

Nadège : J’ai effectué des stages de navigation sur des monocoques en Bretagne et Méditerrannée. J’ai aussi eu ma période « vieux gréements » à la fin des années 2000. J’ai ainsi effectué des navigations au long cours entre Marseille et Venise sur le Belem, Brest – Lisbonne – Les Baléares et Monaco sur la Recouvrance, et Fort de France – Trinidad et retour sur la goélette Patriac’h.

MDA : peux-tu nous parler en détail de ton projet ?

Nadège : Je rêve de partir découvrir le monde à bord de mon voilier depuis l’âge de 17 ans. Pas seulement de faire un tour de quelques mois lors d’un congé sabbatique ou d’attendre la retraite pour naviguer par ci, par là. Non ! Carrément changer de vie pour ne faire que voyager à la voile. M’arrêter où bon me semble, y rester le temps nécessaire à la découverte des paysages et au partage avec les populations locales, puis reprendre la mer pour d’autres aventures. Une vie de nomade des mers, de globe-flotteuse, ne revenant que quelques semaines en France par an. Mon fil conducteur sera d’être en osmose avec la nature et donc découvrir les pays de façon naturelle (voile, plongée, randonnée, roller, kayak, kitesurf, parapente…) et de témoigner de la beauté du monde et des relations harmonieuses entre les hommes et la nature par mes écrits et photos.

Au SpitzbergMDA : quel sera ton itinéraire ?

Nadège : Je n’ai pas d’itinéraire fixe, juste la volonté de me laisser guider par mes envies. Un seul impératif : rester humble devant la nature et donc respecter les périodes et saisons favorables à la navigation dans les différentes zones visitées. Le voyage commencera vraisemblablement par un tour de la Méditerranée, puis remontée par les canaux direction l’Europe du Nord, avant de redescendre sur l’Espagne, le Portugal, Les Canaries, Le Cap vert et traverser l’Atlantique en direction des Antilles. Après… Les Amériques, nord et sud, côté est et ouest, mais je ne sais pas dans quel ordre. Cela dépendra des conditions météo. Et continuer à tourner, toujours vers l’Ouest (sens de navigation plus favorable pour un tour du monde).

MDA : où en es-tu dans ta préparation ?

Nadège : Je viens de faire un bilan de mon projet à un an. J’ai pris un peu de retard puisque mon budget n’est pas bouclé et que je n’ai pas encore trouvé le bateau qui convient à mon programme de navigation. J’ai mis en place un planning avec un certains nombres d’actions à accomplir afin d’acheter le bateau, de l’équiper pour le grand départ, de compléter mes différentes sources de revenus, d’acquérir l’autonomie nécessaire par des stages et formations, et d’organiser administrativement mon départ.

MDA : Quel sera ton budget et comment vas-tu financer ce changement de vie ?

Nadège : J’ai abordé cette question dans l’article sur le budget à prévoir pour un tour du monde à la voile. Pour mon projet, je prévois d’acheter un monocoque de 10-12 mètres, en aluminium, vraisemblablement d’occasion de moins de 5 ans (de 70 à 120 000 €). A cela, il faut ajouter un budget pour les travaux, réparations et préparation du bateau, équivalent à environ 10 % du prix d’achat, plus un budget en cas d’urgence (dépannage, casse…) de 15 000 €. Enfin, pour les dépenses de la vie de tous les jours (ravitaillement, taxes de séjour, visas, frais de marinas, loisirs et dépenses terrestres telles que les impôts, charges fixes pour une habitation, assurances…), j’envisage un budget mensuel maximum de 1 500 €.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPour les grosses dépenses de départ (bateau et sa préparation), les économies personnelles financent le projet. Pour le budget mensuel, je pense qu’il est important de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Donc, j’aurais plusieurs sources de revenus : loyers immobiliers, blogs, bourse, articles et photos dans la presse, vente de mes photos… Bien d’autres sources de financement sont possibles comme je l’expliquais dans un article sur les moyens de financer son voyage autour du monde.

MDA : Que recherches-tu dans un tel voyage ?

Nadège : Relever le défi de changer de vie, sortir du moule imposé par la société, être enfin libre de pouvoir réaliser la vie de mes rêves, apprendre encore et toujours, découvrir de nouvelles contrées et cultures, être en osmose avec la nature, partager des moments magiques dans des lieux splendides, témoigner de la beauté du monde et des relations harmonieuses entre les hommes et la nature.

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Fondateur du site Un Monde d'Aventures, je suis un passionné des grands espaces sauvages et des mondes polaires. J'ai réalisé plusieurs raids autonomes au Groenland et en Laponie. J'aime partager ma passion à travers ce site. Voir tous les articles écrits par François - En savoir plus sur François

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