La mort de l’aventure ? Réflexion sur l’esprit d’aventure !

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Matthieu Alfré est l’auteur du blog “Faire de sa vie une aventure“.
Il nous livre une réflexion sur une possible fin de l’aventure.
D’une façon plus générale, Matthieu Alfré est en cours de préparation d’un livre sur l’aventure.
On a hâte d’en savoir plus.
En attendant, on vous propose de lire sa réflexion ci-dessous.
Vous pouvez aussi découvrir les tribulations de cet aventurier au grand cœur sur son blog “Faire de sa vie une aventure“.

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Voici comment Matthieu Alfré se définit

Après une formation scolaire trop élitiste, un échec professionnel trop humiliant et une déconvenue sentimentale trop douloureuse, je ne me reconnaissais plus dans ma trajectoire de vie. Pour l’infléchir à tout jamais, j’ai décidé de m’aventurer seul autour du monde pendant 2 ans. Ce voyage initiatique m’a permis de traverser 25 pays sur 4 continents. Il m’a fait cotoyer tant des maîtres en arts martiaux (Vietnam) que des chamans spécialistes (Pérou). Il m’a fait tutoyer les sommets de 5000 mètres (Kenya) ou acquérir des émeraudes de haute valeur (Colombie). Il m’a fait échapper à la mort (Cambodge) ou frôler l’amour (Costa Rica). Surtout, il m’a fait aventurier. Mon livre en préparation “Faire de sa vie une aventure – Les images” condense les instants frappants de ce tour du monde. Je voudrais qu’il incite chacun à vivre sa vie comme une merveilleuse aventure.

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La mort de l’aventure ?

« Le temps du monde fini commence ». C’est ainsi que Paul Valéry, dans ses Regards sur le monde actuel (1945), caractérisait, non sans amertume, le sentiment de finitude mondiale de l’après-guerre. Les êtres humains n’auraient plus aucune possibilité de ressentir l’appel de l’illimité qu’avaient entendu en leur temps les grands explorateurs. Les territoires se circonscrivent. Les frontières se dessinent. Les géographies se clôturent. Ainsi, dans l’espace-temps de la modernité occidentale, il ne resterait plus guère de place pour l’esprit d’aventure.

Car l’esprit d’aventure recouvre autant la volonté de mettre à nu des territoires inexplorés que d’y vivre des expériences hors du commun. Certes, nul besoin de disposer d’une terre vierge d’hommes pour satisfaire sa soif de vivre des expériences inédites. Celles-ci sont moins liées au territoire qu’à ce que l’on entend y accomplir. En revanche, il est nécessaire de disposer d’étendues inconnues pour donner chair aux découvertes géographiques de l’esprit d’aventure. C’est donc sur cette seule disponibilité géographique à l’aventure qu’il convient de revenir.

A cet égard, notre Terre ne semble plus guère offrir de territoires vierges pour étancher la soif exploratrice des aventuriers. Les prolongateurs de l’esprit comme les hommes d’action l’ont excellemment saisi. Ils l’ont écrit : le littérateur Paul Valéry prophétise avec superbe l’arrivée du monde fini. Ils l’ont vécu : les aventuriers des temps modernes comme Patrice Franceschi, Grégoire Chaland ou Jean-Claude Guilbert constatent le recul des zones inexplorées dans le monde. En synthèse, pour ne mentionner que les principales, il ne subsisterait plus que :

  • En Océanie – Papouasie Nouvelle-Guinée : Les îles inexplorées des Papous [du moins certaines îles…] ;
  • En Afrique – Congo : Les jungles dites de la « cuvette congolaise » ;
  • En Amérique – Brésil : Les forêts reculées de l’Amazonas ;
  • En Asie – Frontière sino-indienne : Les sommets de l’Himalaya [du moins certains sommets…] ;
  • Aux extrêmes – Arctique et Antarctique : Les banquises hostiles du Pôle Nord et du Pôle Sud.

La maigreur de cette liste ne doit toutefois pas nous conduire à désespérer de la possibilité de faire vivre l’esprit d’aventure. Si l’homme a repoussé les frontières du monde connu, il ne les a pas abolies. D’une part, jaillissant des sentiers du monde, la voix de l’aventure vibre dans mon esprit. La surface de notre terre est majoritairement composée d’océans dont les fonds sont inexplorés. Les fonds marins peuvent donc encore exciter les désirs de l’esprit d’aventure. Comme le poétisait avec justesse Baudelaire : « homme libre, toujours, tu chériras la mer » (Les Fleurs du Mal – La Mer). D’autre part part, l’appel puissant de la conquête spatiale offre des espaces infinis – et en expansion – à notre soif d’exploration. Pour Bachelard, dans L’air et les Songes, en levant les yeux vers le grand infini, l’homme dessine des constellations qui attisent son désir de savoir. La mer et l’espace deviennent nos nouvelles frontières.

Toutefois, pour tous ceux qui n’auraient ni le loisir, ni l’occasion, de s’offrir l’exploration d’étendues inconnues, il resterait peut-être encore la création d’une nouvelle forme d’aventure : dynamisante et singulière, créative et spirituelle. Celle-ci demeure à circonscrire et à définir pour chacun de nous, individus parfois désorientés dans le monde contemporain. C’est à cette ambition, notamment, que répond le projet « faire de sa vie une aventure » que l’auteur de ces lignes a mené à bien. Dès lors, il convient cette fois-ci de conclure avec une touche légère d’émerveillement dans la voix : « le temps du monde infini recommence ! ».

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Présentation de l’éditeur (www.sonorilon.com)

Promis à une carrière de prestige et de confort, Matthieu ALFRÉ a décidé de faire de sa vie une aventure. Retrouvez bientôt les plus belles images de son périple autour du monde, accompagnées de textes inspirés, dans l’ouvrage de photos tiré de son blog éponyme, Faire de sa vie une aventure.

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Fondateur du site Un Monde d'Aventures, je suis un passionné des grands espaces sauvages et des mondes polaires. J'ai réalisé plusieurs raids autonomes au Groenland et en Laponie. J'aime partager ma passion à travers ce site. Voir tous les articles écrits par François - En savoir plus sur François

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